Après son succès dans « La Pianiste », Isabelle Huppert retrouve le réalisateur Michael Haneke dans « Le Temps du loup». Le quotidien d’une mère et de ses deux enfants livrés au dénuement le plus total après qu’une catastrophe intervient et menace le monde. « Le Temps du loup » est une fable poétique, dure et parfois cynique, sur la nature humaine. Un de ces films qui vous habite longtemps après que vous l’avez vu… A cette occasion, nous avons rencontré la comédienne qui nous parle de son travail, du temps, de la célébrité, et de son image (more)
Si les réalisateurs la choisissent, elle aussi les choisit. Comment procède-t-elle, alors que les offres sont bien plus nombreuses que les demandes qu'elle peut satisfaire.
« Je ne choisis pas toute seule. Je décide toute seule mais auparavant, j'en parle à des gens que j'aime, souvent très différents, pour connaître leurs réactions. J'emmagasine des informations. Comme tout le monde, je dépends des autres; je ne suis pas un dictateur, leurs avis m'intéressent, me nourrissent.»
La réussite d'une collègue passée derrière la caméra l'encouragera-t-elle à emprunter le même chemin?
« J'aimerais bien, mais je ne me sens pas prête. Je ne sais pas si j'aimerais faire un film sur un sujet qui m'est très lointain ou, au contraire, très intime, au coeur de moi-même.
Qui est Isabelle Huppert, qui peut être n’importe qui?
Faire du cinéma, c’est brouiller les repères, par pure nécessité. C’est un travail, il s’agit chaque fois d’inventer une figure nouvelle. Je ne me souviens plus d’avoir voulu être actrice, c’est une évidence qui s’impose plus par défaut que par une véritable aptitude. J’ai l’impression que c’est ça être actrice pour moi, c’est l’ultime recours. Tout à coup, on arrive à ça: une somme d’incapacités qu’on transforme en aptitudes, et on y arrive très bien, d’ailleurs. C’est un terreau fertile pour ce qui ne va pas et se transforme positivement. Être actrice, c’est arriver à exprimer à tout prix ce qu’on veut dire, et qu’on n’arriverait pas à dire autrement. En plongeant au cœur de soi, on atteint l’autre. Enfin, on espère.
Parmi les films que vous avez tournés, quels sont ceux qui ont marqué de vraies étapes dans votre carrière?
Récemment, La Pianiste, un film essentiel pour moi. Et certainement La Dentellière, quand j’ai commencé, ainsi que les films de Chabrol, surtout Violette Nozière, Une Affaire de Femmes, La Cérémonie… En fait, je suis attachée à tous les films auxquels j’ai participé. Pour autant, je ne me les repasse pas en boucle les soirs d’hive
Quand vous allez au cinéma, il vous arrive de voir une actrice et de ne pas la trouver bonne. Qu’est-ce qui lui manque ? Isabelle Huppert: Votre exemple tombe mal, j’aime bien les actrices. Je trouve qu’on voit un peu moins les trucs chez les actrices que chez les acteurs. A part chez les plus grands, bien sûr. Jouer, c’est s’effacer, et un acteur a plus de mal à s’effacer qu’une actrice. C’est une question de pouvoir aussi, une manière de ne jamais vouloir lâcher le contrôle. Les acteurs ont un peu plus de mal avec l’humilité que les femmes. Un homme acteurs est en porte-à-faux. Il est ans une situation extrêmement féminine, une situation de séduction, de passivité. Il doit lutter contre ça. Une actrice, c’est plutôt pour son espace qu’elle doit lutter. Le cinéma reste un monde beaucoup plus macho qu’on ne le croit. C’est aussi pour ça qui je vais tourner avec Haneke, par exemple, ou Chabrol. Ils posent sur moi un regard féminin. Je ne me sens jamais en danger, même quand les scènes sont difficiles. (read more)
CKI:
Could you play a homosexual woman? Isabelle Huppert: Frankly,
I don't know. I came close to that kind of thing in Orlando.
I don't know whether it came aross as it should or not but I
felt totally sure of myself, exploring the progression from young
man to woman, in other words starting with the child. Because
when you go down that alley, you inevitably touch upon your childhood
with all the sexual uncertainties associated with it. As a child,
you know that you're a little girl or a little boy but nothing
is completely definite. As for playing homosexual woman, I've
often asked myself the question but never ever really come up
with an answer. For instance, would I be the one to seduce or
the one who gets to be seduced? (read
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on this respectful and great actress in the world.